"Gee whiz but this is a lonesome town" - Naïve
"Jimmy" 4'24
(Arthur Gillette - Rosemary Standley with the help of Adam Roberts / Moriarty)


Qui est Moriarty ?
Première évidence : Ce sont des brouilleurs de pistes professionnels. La seule chose dont on soit sûr, c'est qu'ils sont cinq : une diva et ses quatre frères. Sans oublier Gilbert, tête d'animal empaillée et membre secret du groupe dont on raconte qu'il tire les ficelles dans l'ombre. Tous vivent, créent et cultivent leurs excentricités dans un territoire qu'ils nomment Moriartyland. On ignore d'où ils viennent ; ils sont arrivés là vers la fin du siècle dernier, et puis ils sont restés. Comme ils chantent en anglais, on suppose que certains d'entre eux seraient venus d'Amérique...
Et sa musique ?
Comme dans toutes les belles histoires, la musique de Moriarty est née d'une série de hasards et d'accidents. On s'en doute un peu en découvrant ces morceaux que l'on croirait évadés d'un cabaret folk déglingué : une acoustique nue, faite d'aspérités et d'imprévus, tissée autour de la voix puissante et profonde de cette diva sortie d'un autre temps. Cette musique est peuplée par des présences lointaines : folk américaine et irlandaise donc, blues rural du sud des Etats-Unis, country hantée et élégamment poussiéreuse, et peut-être même le revenant d'un exilé allemand ressemblant étrangement à Kurt Weill. Et surtout, elle raconte des histoires...
A quoi ressemble Moriarty ?
Il faut imaginer une petite troupe, là, sur la scène. Ou peut-être au milieu d'une forêt nocturne, d'un hôtel décati ou d'un château en ruine. La diva et ses quatre frères sont regroupés autour d'un micro unique, planté entre un vieux bureau et un paravent. Ils cultivent une élégance intemporelle et un certain sens du décorum, histoire d'entraîner le public hors du temps, de le faire rêver les yeux grands ouverts, à condition qu'il les ferme. Ils jouent sur des instruments acoustiques, dont une guitare de 1957, qui aurait appartenu à Joan Baez. Car oui, il y a des connections de ce genre chez Moriarty. On chuchote même que la mère d'un des musiciens aurait inspiré "Girl From The North Country" à Bob Dylan.
"Jimmy" 4'24 (Arthur Gillette - Rosemary Standley (with the help of Adam Roberts) / Moriarty)
Extrait de l'album "Gee whiz but this is a lonesome town"
Editions: Deschamps & Makeïeff / Naïve
(p) & (c) 2007 Deschamps & Makeïeff / Naïve